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L’histoire du oud

Histoire du OUD

 L’oud est utilisé depuis des siècles à des fins médicinales et spirituelles. Il apparaît dans l’un des plus anciens textes de l’humanité, les indiens, mais aussi dans la Bible. Plusieurs religions, notamment le bouddhisme, le brûlent pour aider à la méditation. Dans la culture musulmane, il est considéré depuis quelques années comme l’un des ingrédients fondamentaux de la parfumerie. C’est une note boisée nouvelle dans l’orgue du parfumeur ! si différente des autres, mais désormais, elle attire même une clientèle européenne et asiatique.

Cet ingrédient riche et parfumé est produit par un arbre tropical du genre Aquilaria lorsque celui-ci est infecté par un certain type de champignons du nom de Phialophora parasitica. L’arbre infecté réagit en produisant une résine rare et précieuse : le bois de oud, aussi connu sous le nom de bois d’agar, agar oud, ou bois d’aloès. Il provient de Thailande, Laos, Birmanie, Vietnam, Inde, donne une note boisée, sombre et intense.

Seul un spécimen sur cent contient en effet la précieuse résine, mécanisme de défense sécrété par l’arbre lorsqu’il est infecté par certains champignons. Mais comme il est impossible de deviner lequel, il faut en abattre un nombre considérable. Ces Aquilarias sont désormais protégés dans de nombreux pays. Dans certains arbres, on inocule désormais parfois de façon artificielle ce champignon.

Je l’ai rencontré la première fois au Japon lors de la cérémonie du parfum : le « kodo » où les volutes de bois et résines brûlées sont associées à des poèmes, et je l’avais assez appréciée.

Puis, cette odeur omniprésente, je l’ai sentie à nouveau au Moyen Orient et là de façon plus agressive, car là-bas ! c’est le « total oud » : les « galeries commerciales, les hôtels sont tous parfumés au oud. » et bien-sûr aussi les parfums pour hommes, parfums pour femmes, presque toutes les fragrances de ce marché sont plus ou moins mixées avec du «oud». Ce sont des parfums ou eaux de parfum ou eaux de toilette qui possèdent des «senteurs orientales considérées comme très sensuelles».

Ces fragrances à base de oud expriment soit-disant la sensualité, mais peut-être en ais-je trop senti là-bas ? de ce fait, ces senteurs ne m’attirent plus du tout et je n’envisage pas d’en mettre dans mes futures créations.

Dans la tradition, le vrai oud est coupé en copeaux et est mélangé à d’autres résines que l’on fait brûler, c’est le « Bakhoour « qui parfume les chevelures et vêtements, cette senteur tient et diffuse toute la journée, ce qui n’empêche pas les hommes et les femmes de superposer par-dessus différentes fragrances, et parfois des fragrances et souvent des marques européennes.

Dans la plupart des parfums de niche ou confidentielle, ou exclusifs de grandes marques, il n’y a pas une goutte de vrai oud ! à cause de son prix qui dépasse celui de l’or. Ce sont souvent des reconstitutions ou accords composés avec d’autres notes boisées naturelles ou de synthèse : cèdre, santal, vétiver, patchouli, encens, souvent associées au Cypriol, autre note boisée très aromatique et puissante, souvent additionnées de notes cuirées et animales à l’opposé des fragrances fraiches : agrumes ou hespéridées : mandarine, bergamote etc, fruitées ou florales : fleur d’oranger etc.

C’est un produit efficace, car les « faux ouds » encore plus que les « vrais » ouds ont une puissance inouie !et permettent de créer des fragrances efficaces.

Tendances parfums : le oud est-il fini ? par Nathalie PICHARD

Visiter, former des équipes de vente à la Mecque du parfum, Dubaï, m’a donné envie de m’interroger sur l’avenir du oud.

Je ne choquerai personne en disant que le oud en parfumerie est devenu aussi banal que la rose ou le musc.

Depuis sa sortie en France en 2002, dans le très bon mais feu M7 (d’YSL), le oud n’a fait que des émules … poussées par quelques Tom Ford (ex-YSL …) et Juliette has a Gun, qui, les premiers, avaient senti combien leurs ouds ‘à la Française’ pourraient plaire aux nouveaux consommateurs du Moyen-Orient.

Depuis plus de 10 ans, le nombre de parfums oudés est apparu aussi démesuré qu’incalculable. La note quasi ‘chameau’, pour caractériser un chouya les différentes facettes du oud, a été si stretchée et ce, dans les tous les sens, que la ‘bête’ a fini par … capituler !

Vrai oud, faux oud, il s’est rendu incontournable dans les parfums. Aujourd’hui, peu de marques peuvent se targuer de ne pas être tombées dans ce qu’il faut bien appeler du oud business. Oud ceci, oud cela, … le oud est un des ingrédients le plus trickle downé de la parfumerie : le oud est partout, dans les parfums mainstream, de niche, dans le mass, et même dans la parfumerie fonctionnelle (oui, dans les produits Persil, Dettol etc.).

Voilà le signe évident d’une perte de vitesse et de valeur d’une matière originellement décrite comme ‘rare’ !

Il n’y a qu’à arpenter les allées du fameux Mall de Dubaï pour se rendre compte que le oud ne fait plus partie du folklore olfactif comme avant. Certes, certaines marques locales font encore brûler leurs bakhoors sur le stand de parfums, mais leurs effluves se perdent dans l’odeur propre voire aseptisée du Mall. Le volume du oud a largement baissé. Overdose ?

En partageant avec les Beauty Consultants et les Clients, pour la plupart Emirati, on sent que les goûts ont évolué devenant plus consensuels, voire plus lisses. Certains clients, les vrais connaisseurs, disent même que les marques internationales devraient arrêter le Oud ! Ils en ont ‘marre’ ! Les vendeurs sont bien placés pour assister à la montée en puissance de parfums fleuris, tubérosés, aldéhydés, fruités, boisés, doux,… que j’ai sentis partout et dans toutes les marques, me donnant le sentiment que la parfumerie mondiale se ‘standardise’, et également, que la parfumerie européenne illumine le cœur des plus sombres. Les parfums dits ‘locaux’ ressemblent finalement de plus en plus aux ‘nôtres’.

Le oud sombre, sexuel, animal se perd, nuancé de douceur, de fleurs blanches et de muscs, de cuir ‘neuf’. Le oud devient propre comme jadis le musc. La note chevrette du ‘oud’ s’affirme plus chaste, prenant de nouvelles teintes chatoyantes : Des Ombre Rose se dessinent, des Teint de Neige se dévoilent et des White Suede se dédoublent… signe que le oud a perdu sa force, sa personnalité, ses couleurs originelles au lavage.

Oud, où es-tu ? Es-tu fini ? Ne t’inquiète pas, c’est le cycle naturel des matières de parfumerie qui suit celui de la mode : vie, mort, renaissance etc. Demain, les parfumeurs te remplaceront et tu rentreras dans le portfolio des matières classiques… à revisiter.

Le oud est mort, vive le oud !

Sylvaine Delacourte

Nez, parfumeur, passionnée par Guerlain.

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